Tunisie: un 5e mort dans l'attaque jihadiste mardi contre l'armée

8 avril 2015 à 12h03 par La rédaction

Tunis (AFP)

Un militaire tunisien, blessé mardi dans une embuscade attribuée à des jihadistes, a succombé à ses blessures portant à cinq le nombre de soldats tués dans cette attaque, a indiqué mercredi le gouvernement.

"Le bilan est (désormais) de cinq morts et sept blessés", dans l'attaque survenue à Kasserine, une zone d'activités de jihadistes dans le centre-ouest du pays, a indiqué à l'AFP le secrétaire général du gouvernement, Ahmed Zarrouk.

Selon lui, les militaires ont été visés notamment par des tirs de roquettes et d'armes automatiques, non loin de la ville de Sbeïtla et près du Mont Mghilla.Ils étaient en route pour relever une patrouille, a indiqué une source militaire interrogée par l'AFP.

La région de Kasserine, frontalière de l'Algérie, est le théâtre de heurts armés réguliers entre jihadistes et forces tunisiennes.Depuis décembre 2012, une soixantaine de policiers, gendarmes et soldats ont été tués dans des embuscades où des explosions de mines.La majorité ont péri dans cette région.

La plus sanglante en juillet 2014 a coûté la vie à 15 soldats sur le mont Chaambi, un massif à la frontière avec l'Algérie considéré comme la principale base arrière du maquis jihadiste.

Le groupe armé actif dans la zone est la Phalange Okba Ibn Nafaa liée à Al-Qaïda.Selon les autorités, il est aussi responsable de l'attaque sanglante contre le musée du Bardo le 18 mars à Tunis.C'est pourtant un autre groupe, lié lui à l'organisation Etat islamique (EI), qui a revendiqué l'attentat.

La Tunisie a annoncé fin mars avoir tué l'Algérien Abou Sakhr, l'homme qu'elle considérait comme le chef de Okba Ibn Nafaa et l'organisateur de l'attaque du Bardo.

Ce pays est confronté depuis la révolution de 2011 à l'essor d'une mouvance jihadiste armée toujours plus violente.

Par ailleurs, quelque 3.000 Tunisiens sont partis combattre dans les rangs de groupes radicaux en Syrie et en Irak.Environ 500 de ces vétérans sont rentrés en Tunisie et les autorités les considèrent comme l'une des principales menaces sécuritaires pour le pays.

Enfin, le chaos en Libye voisine a aussi favorisé l'émergence de groupes jihadistes qui forment notamment des Tunisiens au maniement des armes à l'instar des deux assaillants du musée du Bardo qui ont tué 21 touristes étrangers et un policier tunisien.