Procès Sankara au Burkina: "la procédure ne vaut rien" (avocat de Compaoré)

AFRICA RADIO

9 février 2022 à 12h51 par AFP

La procédure contre l'ancien président burkinabè Blaise Compaoré, jugé pour l'assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara en 1987, "ne vaut rien" en l'absence de gouvernement au Burkina Faso depuis le putsch militaire du 24 janvier, a estimé mercredi l'avocat de M. Compaoré.

La veille, mardi, le parquet militaire a requis trente ans de prison ferme à l'encontre de M. Compaoré, pour "attentat à la sûreté de l'Etat", "recel de cadavre" et "complicité d'assassinat". "Près de trois semaines après le putsch, il n'y a toujours ni gouvernement, ni ministre de la Justice au Burkina Faso. A l'évidence, la procédure qui se poursuit ne vaut rien et sera dénoncée par les juridictions internationales", a déclaré Pierre-Olivier Sur, l'avocat de l'ancien chef de l'Etat, dans un communiqué. Chassé du pouvoir par la rue en 2014, Blaise Compaoré vit depuis en Côte d'Ivoire et est le grand absent du procès de l'assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, tué avec douze de ses compagnons lors d'un coup d'Etat en 1987. Accusé d'être le principal commanditaire de cet assassinat, il a toujours nié son implication. Me Sur a par ailleurs assuré que Blaise Compaoré continuait "d'appeler à la réconciliation et au dialogue", au Burkina Faso. Trente ans de prison ont également été requis contre Hyacinthe Kafando, l'ancien commandant de la garde de M. Compaoré, autre grand absent de ce procès car en fuite depuis 2016. Ce procès historique, débuté fin octobre, se tient à l'heure où le Burkina est secoué par une double crise: politique, après le putsch militaire, et sécuritaire, avec des attaques jihadistes récurrentes. Suspendu quelques jours après le putsch, le procès avait repris lorsque les militaires au pouvoir avaient rétabli la Constitution. Il est de nouveau suspendu depuis mardi jusqu'au 1er mars, pour laisser les avocats de la défense organiser leurs plaidoiries.