16 jours d’activisme contre les VBG : « La violence des femmes envers des femmes » dans l’oubli en Afrique

16 jours d’activisme contre les VBG : « La violence des femmes envers des femmes » dans l’oubli

9 décembre 2022 à 10h56 par Karidja Konaté Abidjan

Les 7 et 8 décembre 2022, la rotonde de l’hôtel Noom a reçu des femmes et hommes engagés dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Ils proviennent de 15 Etats africains.

C’est une entreprise du bureau de ONUFEMMES Côte d’Ivoire. Pour la première fois, elle a initié un forum réunissant à Abidjan, des hommes et femmes engagés de 10 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec 05 (cinq) de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) investis dans ce combat. Ce qui est nouveau dans ce rassemblement, c’est qu’il a eu la vocation de clôturer les traditionnels 16 jours d’activisme annuels contre les VBG dans une posture de bilan-perspectives.

Atelier de réflexion et d’expression, c’est l’activité phare de ce forum dont l’objectif était de revoir les mécanismes en cours de lutte contre les VBG. « Il était important depuis la séparation due à la covid-19, qu’on se retrouve, pour se partager les expériences, pour faire le bilan de ce qui a marché et surtout ce qui n’a pas marché », a déclaré la répresentante résidente de ONUFEMMES en Côte d’Ivoire, Antonia Ngabala. A l’en croire, son institution au sortir de ces assises, détient une feuille de route pour ses futurs axes de priorité. Un document officiel rapportant les contenus des discussions a en effet été rédigé et lu par les participantes, ‘’l’appel d’Abidjan pour l’élimination des violences envers les femmes et les filles’’.

Il traduit les encouragements, recommandations et engagements des acteurs participants au forum qui ont aussi attiré l’attention sur un autre type de VBG, définies dans l’imaginaire populaire comme violences des hommes sur des femmes. « La violence des femmes envers des femmes », c’est aussi un type de VBG à considérer et qui peine à être intégré dans les luttes pour cette cause. Et selon Coumba Bah, communicante spécialiste du Genre au Mali, des femmes exercent aussi des violences sur d’autres, et pour la plupart du temps, sur des jeunes filles. Cela met même à mal le principe de base du féminisme, la sororité.

Selon le document, les problèmes de financement de projets demeurent et handicapent nombre d’actions visant l’élimination des violences envers les femmes et les filles. Dans les recommandations, les participants ont également demandé davantage de protection de la société civile, « parce que nous sommes des personnes qui décidons de nous engager dans des causes, et c’est difficile de ne pas avoir quelque chose sur quoi compter. », a décrié une participante. Le dialogue intergénérationnel, c’est aussi un axe fort du rapport qui se soucie de la transmission des combats aux nouvelles générations.

Benin, Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Liberia, Nigeria, Sierra-Leone, Burkina Faso, Burundi, Centrafrique, Sao Tomé, Cameroun, RD-Congo, Gabon, Tchad, ce sont les 16 pays ayant pris part au forum. Les bilans des situations de VBG dans ces pays sont similaires, avec des spécificités près. Pour la Côte d’Ivoire par exemple, 6040 cas ont été déclarés en 2021. Sur la période des 3 premiers trimestres de 2022, le pays enregistre déjà 5114 cas de VBG déclarés. Antonia Ngabala a expliqué l’importance du forum dans ces circonstances. Ecoutons.

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