Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a limogé mercredi 12 novembre son vice-président Benjamin Bol Mel, jusque-là considéré comme son successeur le plus probable après une ascension politique fulgurante. "Moi, Salva Kiir (...) relève par la présente Son Excellence Benjamin Bol Mel de ses fonctions de vice-président chargé du pôle économique", stipule le décret lu à la télévision publique SSBC.
En quelques mois, Benjamin Bol Mel était passé du poste de deuxième vice-président, en février, à celui de numéro deux du parti présidentiel en mai. Mercredi soir, il a été destitué de toutes ses fonctions, y compris de son grade de général, rétrogradé au rang de simple soldat. Aucune raison officielle n’a été donnée, mais plusieurs médias locaux évoquent de vives luttes de pouvoir au sommet de l’État.
Un climat politique de plus en plus instable
Le limogeage de Benjamin Bol Mel intervient alors que le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, reste en proie à des violences persistantes. L’ancien vice-président Riek Machar, inculpé en septembre pour "crimes contre l’humanité", reste une figure d’opposition influente, et les affrontements entre ses partisans et l’armée se sont intensifiés.
Selon l’ONU, plus de 1 800 civils ont été tués depuis janvier et 300 000 personnes ont fui le pays en 2025. D’après le média Sudans Post, la chute de Benjamin Bol Mel serait liée à des soupçons de corruption et à une volonté perçue de contester l’autorité du président. L’homme d’affaires de 47 ans, déjà sanctionné par Washington en 2017, était pourtant vu comme un successeur naturel à Salva Kiir, 74 ans, dont la santé vacille.
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