Un déficit de 1,4 milliard de dollars pour 2026
Le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a tiré la sonnette d’alarme mercredi face à une « réduction drastique » des financements humanitaires destinés à la République démocratique du Congo (RDC). Selon l’organisation, il manque 1,4 milliard de dollars pour couvrir les besoins humanitaires du pays en 2026.
Faute de ressources suffisantes, l’aide humanitaire devra être recentrée sur 7,3 millions de personnes l’an prochain, contre 11 millions en 2025. Une baisse qui pourrait laisser plus de quatre millions de personnes sans assistance dans un pays déjà confronté à des crises multiples.
Une crise aggravée par les conflits et les épidémies
Cette contraction des financements intervient alors que la RDC traverse une situation humanitaire jugée « aiguë » par l’ONU. Les conflits armés persistants, les déplacements massifs de populations, les chocs climatiques et les épidémies récurrentes continuent d’alimenter les besoins. En 2025, environ 1,5 million de personnes ont déjà perdu l’accès aux soins, conséquence directe de la fermeture de structures de santé et des difficultés d’approvisionnement en médicaments essentiels.
RDC : forcée de choisir ses priorités, l’ONU lance un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars@UNOCHA I @UNOCHA_DRC I @UNOCHA_frhttps://t.co/2NrnibWtz1
— ONU Info (@ONUinfo) January 29, 2026
Des enfants particulièrement touchés
Les enfants figurent parmi les premières victimes de cette crise budgétaire. Toujours selon Ocha, plus de 390.000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère n’ont pas pu être pris en charge en 2025, après la fermeture d’environ un millier de centres de nutrition à travers le pays. La RDC reste l’un des pays les plus pauvres d’Afrique centrale, malgré ses importantes ressources naturelles, et dépend largement de l’aide internationale pour répondre aux besoins essentiels de sa population.
L’est du pays au cœur de la crise humanitaire
La situation est particulièrement critique dans l’est de la RDC, en proie à plus de trente ans de conflits armés. Depuis 2021, la résurgence du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon l’ONU, a aggravé l’instabilité. Le groupe s’est emparé de Goma en janvier 2025, puis de Bukavu en février. Les combats ont fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement et multiplié les contraintes administratives et sécuritaires. « L’accès aux populations est devenu plus dangereux et plus complexe que jamais », souligne Ocha.
Lire aussi : Est de la RDC : des milices progouvernementales entrent à Uvira après le retrait du M23
Humanitaires pris pour cible et retrait des bailleurs
La détérioration sécuritaire affecte aussi les travailleurs humanitaires. En 2025, treize humanitaires ont perdu la vie en RDC et près de 700 incidents sécuritaires ont été recensés, selon Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire de l’ONU dans le pays. À ces défis s’ajoute le désengagement progressif de certains bailleurs. Début 2025, l’administration américaine de Donald Trump a lancé un vaste plan de coupes dans les programmes d’aide internationale, notamment dans le secteur de la santé. Les États-Unis représentaient jusque-là plus de 40 % de l’aide internationale à destination de la RDC. Les financements humanitaires avaient déjà diminué de moitié en 2025, accentuant encore les craintes pour l’année à venir.
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