Algérie: peine réduite à six mois de prison avec sursis pour le journaliste Khaled Drareni

AFRICA RADIO

3 mars 2022 à 14h21 par AFP

Le journaliste algérien Khaled Drareni a vu sa peine réduite jeudi à six mois de prison avec sursis à l'issue d'un nouveau procès, après avoir été condamné en 2020 à deux ans de prison ferme pour "incitation à attroupement non armé", selon le Comité national pour la libération des détenus.

Le 17 février, le parquet avait requis une peine supérieure à deux ans de prison contre ce journaliste indépendant, fondateur du site d'information Casbah Tribune et correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde ainsi que pour l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Le parquet avait réclamé une aggravation de la peine prononcée lors du premier procès, sans précision chiffrée. A la veille du jugement dans le deuxième procès, le journaliste avait tweeté: "Merci pour votre soutien permanent. Quel que soit le jugement, je continuerai à faire mon travail en toute indépendance". RSF avait appelé pour sa part à un "abandon de toutes les charges retenues" contre le journaliste. M. Drareni, 41 ans, avait été condamné en septembre 2020 à deux ans de prison ferme pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale". Ce journaliste qui couvrait toutes les marches du Hirak, le mouvement de protestation prodémocratie, avait été interpellé pendant une manifestation, en mars 2020 à Alger. Les autorités lui avaient aussi reproché d'avoir travaillé pour un média étranger sans accréditation, sésame nécessaire en Algérie pour les correspondants de médias internationaux, mais aussi d'être un "khabarji" (informateur) à la solde "de parties étrangères". Khaled Drareni avait rejeté l'ensemble de ces accusations, assurant n'avoir fait que son "travail en tant que journaliste indépendant", et exercé "son droit d'informer". Gracié par le président Abdelmajid Tebboune, il avait été libéré le 19 février 2021 après avoir passé onze mois derrière les barreaux. La Cour suprême avait accepté le 25 mars 2021 son pourvoi en cassation. Le nouveau procès avait connu de nombreux reports jusqu'au réquisitoire de la mi-février. Dans l'intervalle, le journaliste a poursuivi ses activités sur son site d'information en ligne Casbah Tribune et comme animateur de la radio privée M. Plusieurs journalistes algériens sont en prison, après des condamnations ou dans l'attente de leur jugement, selon la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH).