Centrafrique: un ex-chef anti-balaka comparaît devant la CPI

AFRICA RADIO

22 mars 2022 à 15h36 par AFP

L'ex-chef d'un groupe armé anti-balaka, Maxime Mokom, a comparu mardi pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations de crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui auraient été commis en Centrafrique en 2013 et 2014.

M. Mokom, 43 ans, était le chef d'un groupe armé anti-balaka, des milices d'autodéfense formées majoritairement ce combattants chrétiens et animistes créées en 2013 en réaction à la prise de Bangui par la Séléka, une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans opposés à l'ancien président François Bozizé. M. Mokom, remis lundi par la République du Tchad à la CPI, qui siège à La Haye, a confirmé en français son identité et affirmé avoir été informé des crimes qui lui sont reprochés. Ils auraient été commis à Bangui et dans d'autres localités de la République centrafricaine en 2013 et 2014. M. Mokom est notamment suspecté de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement, torture, persécution, traitement cruel et mutilation. Son avocat a déclaré que M. Mokom avait été maltraité lors de son transfert par les autorités tchadiennes. Celles-ci ne lui ont donné que du pain moisi et des sardines, il n'avait pas de lit et "pratiquement un pot de chambre" en tout et pour tout pour faire ses besoins, selon la défense. "Alors avant que M. [Karim] Khan [le procureur de la CPI, NDLR] applaudisse avec vigueur le Tchad pour sa coopération satisfaisante, peut-être voudra-t-il s'assurer la prochaine fois que l'article 59 du statut de Rome a été respecté", a affirmé l'avocat Nicholas Kaufman, en faisant référence au texte fondateur de la cour. Le début des audiences de confirmation des charges a été fixé au 31 janvier 2023. Les violences en Centrafrique commises par la Séléka et les anti-balaka auraient fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, selon la CPI. Deux anciens chefs de guerre centrafricains, Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom, qui dirigeaient des milices anti-balaka, sont actuellement jugés par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Le procès de Mahamat Said Abdel Kani, un commandant présumé de la Séléka, aussi accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, doit s'ouvrir en septembre.