Des députés britanniques et américains dénoncent "l'architecture de la répression" en Egypte

AFRICA RADIO

15 juillet 2022 à 20h36 par AFP

Une cinquantaine de parlementaires américains et britanniques ont exhorté dans une lettre publique le président américain Joe Biden à discuter samedi avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi de la "vaste architecture de la répression" dans son pays.

M. Biden participera samedi en Arabie saoudite à un sommet des dirigeants des monarchies du Golfe auquel assistera également M. Sissi, dont le pays est l'un des grands alliés régionaux des Etats-Unis mais aussi l'hôte de la COP27 prévue en novembre. "Tous les regards sont tournés vers l'Egypte", plaide la lettre signée notamment par les anciens candidats aux plus hauts postes à Washington, Bernie Sanders, et à Londres, Jeremy Corbyn. "Utilisez les leviers dont vous disposez avec vos partenaires égyptiens pour résoudre immédiatement le problème des interdictions de voyage illégales, des avoirs gelés et de la détention préventive", poursuit la lettre. Toutes ces techniques, encadrées par la loi en Egypte, sont malgré tout souvent utilisées hors des délais ou des cadre juridiques, selon les défenseurs des droits humains, notamment contre des figures vues comme opposantes au régime de M. Sissi, un ancien maréchal qui a déposé son prédécesseur, l'islamiste Mohamed Morsi, lors d'un coup de force en 2013. Elles sont "un élément majeur de la large campagne de répression de la société civile en Egypte qui permet aux autorités de faire taire les critiques sans l'attention internationale qu'attireraient des peines de prison", accuse la lettre des députés et sénateurs. Actuellement, deux figures pro-démocratie sont au coeur de toutes les attentions: l'Egypto-Britannique Alaa Abdel Fattah, icône de la "révolution" de 2011, détenu depuis 2019 et en grève de la faim depuis plus de 100 jours et Karim Ennarah, époux de la documentariste britannique Jess Kelly, membre de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), l'ONG des droits humains la plus en vue d'Egypte. Ce dernier est libre mais comme quatre autres membres ou ex-membres de l'EIPR, il lui est interdit de voyager ou d'accéder à ses comptes et tous vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête: leur nom est désormais sur la liste noire des "terroristes" et un retour en prison est possible à tout moment. "J'appelle M. Biden à parler de mon mari, retenu en Egypte depuis près de deux ans, nous empêchant de démarrer une vie à deux en Grande-Bretagne, les interdictions de voyager brisent des familles", plaide dans un communiqué Mme Kelly. Régulièrement sollicitées, les capitales étrangères et leurs chancelleries au Caire assurent qu'il est plus efficace de discuter à huis clos de ces questions. "Evoquer ces cas en privé avec le président Sissi et son ministre des Affaires étrangères n'a donné aucun des résultats que nous espérons, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne doivent agir", répondent les 55 signataires.