Djibouti: le directeur de la police nationale mis en examen

AFRICA RADIO

16 février 2022 à 16h06 par AFP

Le directeur de la police nationale de Djibouti ainsi que d'autres personnalités ont été mis en examen dans une affaire d'enregistrements audios controversés diffusés sur les réseaux sociaux, a annoncé mercredi la procureure de la République.

"Suite à la diffusion avérée de certains enregistrements audios produits par des agents véreux, sur les réseaux sociaux, une enquête a aussitôt été diligentée", a déclaré dans un communiqué la procureure Lamisse Mohamed Saïd, sans donner de détails sur ces enregistrements. "Les premières investigations menées ont d'ores et déjà, démontré l'implication de plusieurs personnes, dont notamment le directeur général de la police nationale et un ancien ministre du budget", a-t-elle ajouté. L'enquête a été confiée à un juge d'instruction, qui "a procédé à la mise en examen de ces individus, certains étant en détention provisoire et d'autres placés sous contrôle judiciaire", précise encore la procureure. Plusieurs sources locales ont indiqué à l'AFP que le directeur de la police, Abdillahi Abdi Farah, en poste depuis 2001, est en effet assigné à résidence, de même que Bodeh Ahmed Robleh, un ancien ministre du Budget limogé en 2019. Selon une de ces sources, les enregistrements concernés ont été diffusés sur les réseaux sociaux il y a quelques semaines, l'un d'eux ayant été attribué au président, Ismaël Omar Guelleh, qui y tiendrait des propos sensibles au sujet d'un opposant. En 2021, le président, âgé de 74 ans et en poste depuis 1999, a remporté une cinquième fois l'élection présidentielle mais beaucoup estiment que ce mandat sera son dernier, ouvrant la voie à une âpre succession. Ilot de stabilité dans une région troublée, ce pays de la Corne de l'Afrique compte moins d'un million d'habitants et son régime à poigne n'observe que peu de contestations. Situé en face du détroit de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d'Aden, Djibouti est un hub commercial régional et accueille également, entre autres, des bases militaires française, américaine et chinoise. Mercredi, la présence policière était particulièrement visible à Djibouti-ville, la capitale, mais la vie y semblait suivre son cours normal, selon un journaliste de l'AFP.