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Egypte: deux oncles d'un candidat déclaré à la présidentielle arrêtés (militant)

Deux oncles d'un ex-député égyptien qui a annoncé récemment vouloir se présenter à l'élection présidentielle en 2024, ont été présentés jeudi au parquet de la Sûreté d'Etat, a indiqué à l'AFP un militant des droits humains, M. Tantawi.

AFRICA RADIO

4 mai 2023 à 18h06 par AFP

Actuellement au Liban, l'ex-député libéral Ahmed al-Tantawi avait annoncé en mars qu'il se rendrait au Caire samedi et qu'il comptait se présenter à l'élection présidentielle prévue au printemps 2024 en Egypte. L'arrestation de ses oncles intervient alors que Le Caire a lancé mercredi en grandes pompes un "dialogue national" censé faire participer au débat une opposition réduite à peau de chagrin depuis la prise de pouvoir du président actuel Abdel Fattah al-Sissi en 2013, après un coup de force contre son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi. "Mohammed Naguib al-Tantawi et Mohammed Sayyed Ahmed Attiya ont été arrêtés mardi soir à Kafr Cheikh", dans le delta du Nil, "et ils comparaissent (jeudi) devant le parquet de la Sûreté d'Etat au Caire", une instance de la justice d'exception, a rapporté Hossam Bahgat, directeur de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), sans plus de détails sur les motifs de l'arrestation. Le précédent scrutin présidentiel en 2018 avait vu s'affronter M. Sissi et un unique autre candidat, un inconnu du grand public partisan affiché du chef de l'Etat. Pour les observateurs, le dialogue national est un gage de l'Egypte à la communauté internationale qui pointe régulièrement du doigt ses violations des droits humains à l'approche de ce scrutin. A son ouverture, l'ancien chef de la diplomatie égyptienne Amr Moussa a questionné "le contrôle des politiques sécuritaires sur l'économie" dans un pays où les experts dénoncent la mainmise de l'armée, dont est issu M. Sissi, sur l'économie. Il a également soulevé la question "des prisonniers en préventive" souvent bien plus longtemps que les deux années légales. En 2022, l'Egypte, qui compte selon les ONG 60.000 prisonniers politiques, a assuré avoir lancé une nouvelle "stratégie nationale des droits humains" et réactivé sa commission des grâces présidentielles. Mais les défenseurs des droits humains notent que si les grâces présidentielles ont permis de libérer 124 détenus politiques au premier trimestre 2023, 459 autres sont entrés en prison au même moment.