Ethiopie: gouvernement et rebelles du Tigré continuent de discuter en Afrique du Sud

AFRICA RADIO

31 octobre 2022 à 12h51 par AFP

Les pourparlers de paix à Pretoria entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités rebelles de la région du Tigré, pour tenter de mettre fin à deux ans de conflit meurtrier dans le nord de l'Ethiopie, se poursuivent lundi, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Hôte de ces pourparlers organisés par l'Union africaine (UA), la présidence sud-africaine avait annoncé, à l'ouverture des discussions le 25 octobre, qu'elles s'achèveraient dimanche. Mais lundi, la porte-parole de la Commission de l'UA, Ebba Kalondo, a indiqué à l'AFP qu'"aucune limite de date n'avait été fixée aux pourparlers". "Les pourparlers se poursuivent aujourd'hui" lundi, a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un diplomate informé des discussions, qui a refusé de donner d'autres détails notamment sur d'éventuelles avancées. Les parties "sont très strictes sur la confidentialité", a-t-il ajouté. Une source proche de la délégation tigréenne, sous couvert d'anonymat, a annoncé à l'AFP que les pourparlers devraient se tenir jusqu'à mardi. Peu de détails ont filtré sur le contenu et les éventuels progrès des discussions, en direction d'une cessation des hostilités sollicitée par l'UA et l'ONU. Depuis le début des discussions, les combats continuent au Tigré, où progressent depuis mi-octobre les troupes fédérales éthiopiennes, épaulées par l'armée érythréenne et par les forces et milices des régions de l'Amhara et de l'Afar voisines. Soutenus par des bombardements d'artillerie et aériens, l'armée éthiopienne et ses alliés se sont emparés récemment de plusieurs villes d'importance de la région rebelle depuis la reprise des combats le 24 août. Selon le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef), depuis la reprise des hospitalités, quelque 574.000 personnes vivant dans les régions Amhara, Afar et du Tigré ont été déplacées. Pour l'Unicef, le conflit en cours a engendré une "détérioration de la situation humanitaire" dans les trois régions. La guerre a commencé en novembre 2020 quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour déloger les autorités régionales, issues du Front de libération du peuple du Tigre (TPLF), qui contestaient son autorité depuis des mois et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. Le TPLF a dominé la coalition au pouvoir en Ethiopie durant 27 ans, avant d'être progressivement marginalisé par M. Abiy quand celui-ci est arrivé au pouvoir en 2018. Le bilan du conflit, marqué par d'innombrables exactions et qui se déroule largement à huis clos, est inconnu. La presse n'a pas accès au nord de l'Ethiopie et les communications y fonctionnent de façon aléatoire, rendant impossible toute vérification indépendante. Le 26 octobre, l'ONG Amnesty International avait déploré des crimes contre l'humanité commis "par toutes les parties" prenantes au conflit, et ce en toute "impunité". La guerre a déplacé plus de deux millions d'Ethiopiens et plongé des centaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

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