Guinée: réactions outrées après une sortie du gouvernement contre la Cédéao

AFRICA RADIO

26 avril 2022 à 19h21 par AFP

Deux responsables politiques guinéens ont reproché mercredi au gouvernement mis en place par la junte une violente sortie contre la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) en plein bras de fer entre leur pays et cette organisation régionale.

Fin mars, la Cédéao avait sommé Conakry de lui présenter "au plus tard le 25 avril" un calendrier de transition "acceptable" en vue de la restitution du pouvoir aux civils après le putsch militaire de septembre 2021, sous peine de nouvelles sanctions économiques. Mais le colonel Mamady Doumbouy, l'homme qui a déposé l'ancien président Alpha Condé avant de se proclamer chef de l'Etat, fait peu de cas de cet ultimatum, a indiqué dans un entretien accordé lundi à la radio Fim FM, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo. "On n'a pas transmis un document [sur le calendrier de la transition à la Cédéao] et nous étions clairs là-dessus depuis le début que le gouvernement guinéen n'agit pas sous des contraintes ou sous le diktat de qui que ce soit", a déclaré M. Goual. "Rien n'est exclu", a-t-il répondu à une question sur l'éventualité que la Guinée se retire de la Cédéao. En réaction à ces propos, Saikou Barry, responsable de l'Union des forces républicaines (UFR), parti membre du G58, une coalition d'opposition du temps de la présidence de M. Condé, a estimé que "ce serait dangereux que la Guinée soit victime" de sanctions supplémentaires de la Cédéao risquant de mettre à mal l'économie nationale. "Les Guinéens n'accepteront pas qu'une junte nous retire d'une institution sous-régionale", a déclaré M. Barry à l'AFP, reprochant aux nouvelles autorités leurs "caprices" et leur "ton orgueilleux". "Aujourd'hui, les amateurs politiques se mettent à dire du n'importe quoi" et la sortie du porte-parole du gouvernement sur la Cédéao est "vraiment irresponsable", a réagi pour sa part auprès de l'AFP un responsable du RPG, le parti de M. Condé tenant à rester anonyme comte tenu de "la situation politique nationale".