L'armée togolaise reconnaît avoir tué sept civils par erreur

AFRICA RADIO

14 juillet 2022 à 22h21 par AFP

Les forces armées togolaises ont déclaré jeudi être responsables d'une récente explosion qui a tué sept civils et en a blessé deux autres, après les avoir pris pour des djihadistes.

L'explosion s'est produite dans la préfecture de Tône, près de la frontière avec le Burkina Faso, où une insurrection djihadiste sahélienne menace de s'étendre aux pays côtiers d'Afrique de l'Ouest. Les troupes togolaises sont déployées dans la zone pour tenter de contenir un débordement de la menace djihadiste. Dans un communiqué dimanche, l'armée avait déclaré avoir ouvert une enquête "pour déterminer les circonstances de cette explosion et identifier les auteurs". Le chef d'état-major des forces armées togolaises, le général Dadja Maganaw, a conclu jeudi qu'un avion avait visé à tort les civils. "Dans la nuit du 9 au 10 juillet, vers 01H30 GMT, une explosion a fait plusieurs victimes dans le village de Margba, dans la préfecture de Tône", a-t-il déclaré dans un communiqué. Le général Maganaw a déclaré avoir reçu des "renseignements" indiquant une menace "d'infiltration par des bandes armées voulant mener des attaques terroristes" contre les communautés locales. "En raison du danger imminent", a-t-il dit, le commandant dirigeant une opération dont le nom de code est Koundjaore "a renforcé la surveillance ainsi que le contrôle terrestre et aérien dans la zone". "C'est au cours de ces opérations qu'un avion patrouillant de nuit a malheureusement pris pour cible un groupe de personnes qu'il avait identifié par erreur comme des djihadistes en mouvement", a précisé M. Maganaw. Les forces armées togolaises ont exprimé leur profond regret face à cette tragédie, renouvelé leurs sincères condoléances aux familles des personnes touchées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. M. Maganaw a ajouté que "tout sera mis en oeuvre" pour "éviter que ce genre de tragédie ne se reproduise". Le mois dernier, le Togo avait déclaré l'état d'urgence dans ses préfectures du nord en raison de la menace d'attaques islamistes. Huit soldats togolais avaient été tués en mai dans une attaque dans la région.