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Meurtre de l'ambassadeur d'Italie en RDC : faute d'avocats, réquisitoire reporté

Le réquisitoire du ministère public et les plaidoiries de la défense dans le procès à Kinshasa du meurtre de l'ambassadeur d'Italie en 2021 en République démocratique du Congo ont été reportés mercredi d'une semaine, en raison de l'absence des avocats des accusés.

AFRICA RADIO

1er mars 2023 à 16h36 par AFP

L'audience a été ouverte avec plus de deux heures de retard. Le président du tribunal a appelé à la barre les cinq prévenus présents et leur a demandé pourquoi leurs avocats n'étaient pas là. "Je ne sais pas", ont-ils répondu à tour de rôle. Les cinq hommes comparaissent dans ce procès qui se tient depuis le 12 octobre devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, siégeant dans l'enceinte de la prison militaire de Ndolo, où ils sont détenus. Le sixième prévenu, en fuite, est jugé par défaut. Tous sont jugés pour l'assassinat le 22 février 2021 de l'ambassadeur d'Italie en RDC, Luca Attanasio, de son garde du corps italien, le carabinier Vitoria Iacovacci, et d'un chauffeur congolais du Programme alimentaire mondial (PAM), Mustapha Milambo. Les trois hommes avaient été tués par balles après être tombés dans une embuscade aux abords du parc national des Virunga, dans la province du Nord-Kivu (est). Le 15 février, le tribunal militaire avait décrété la fin des débats. Le réquisitoire et les plaidoiries avaient alors été annoncés pour le 1er mars. "Est-ce que vous payez vos avocats ?", a demandé le président du tribunal militaire. Les prévenus ont répondu "non", expliquant qu'ils étaient "pauvres", "indigents", avant de dire qu'ils n'étaient pas en mesure de se défendre seuls, sans leurs avocats. Cet avis a été partagé par le ministère public, qui a sollicité le report de l'audience "le temps de permettre aux prévenus d'entrer en contact avec leurs avocats pour que nous puissions en découdre" une fois pour toutes, a-t-il dit. La prochaine audience est prévue pour le 8 mars. Selon une source proche du dossier, qui a souhaité rester anonyme, ces avocats, commis d'office par les autorités judiciaires congolaises, n'ont pas encore été payés, après 16 audiences. Le "boycott" de cette audience est une façon de "faire pression", a expliqué cette source.