12 août 2011 à 7h07 par La rédaction

Mercredi 10 août, le président Nicolas Sarkozy a convoqué une réunion de crise à l'�?lysée. Le chef de l'Etat français a rappelé l'importance pour le pays de tenir les objectifs fixés pour réduire ses déficits abyssaux.Il faut dire que le pays n'a plus vraiment le choix après avoir constaté avec tous les autres gouvernement que les Etats-Unis première puissance économique du monde, ont vu leur note abaissée par une agence de notation. Au fait, c'est quoi exactement une agence de notation ? Quel est son rôle ? Que signifie pour un pays, le fait de perdre son triple A ?Pour commencer, disons que ces agences travaillent sur commande pour les institutions financières qui effectuent des prêts, comme les banques par exemple. Elles sont pour la plupart anglo-saxonnes et portent des noms tels que Standard & Poors, Moody's ou Fitch. Il faut aussi souligner que ce sont des " groupes privés. Leur travail consiste à noter la fiabilité des Etats et des entreprises. Par exemple, lorsqu'il s'agit d'évaluer une entreprise, l'agence prend en compte ses perspectives de développement commercial et financier. Pour un Etat souverain, elle apprécie sa croissance, sa capacité à lever l'impôt et évalue ses dépenses au vu de sa politique budgétaire".Comment se fait l'attribution des notes ?Il faut d'abord souligner le fait que les notes sont différentes selon les agences. L'agence la plus connue est Standard & Poors. Elle utilise un barème de notes allant de AAA( triple A) à D.Concrètement cela signifie que les Etats notés « AAA » comme l'étaient les Etats-Unis, ou des pays comme la France, l'Allemagne, sont très bien classés. Dans ces pays, les agences considèrent que les investissements sont les plus sûrs. Ensuite, il y a des notes qui vont de « AA+ » à « AA » et « AA �??» ; les pays qui ont cette note sont considérés comme ceux où les investissements sont « de bonne qualité ». ». Les barèmes « A+, A et A- » sanctionnent des Etats de « qualité moyenne ». La fiabilité des pays est de moins en moins bonne de B à D, note où l'Etat est en défaut de paiement.Mais au fait, ces notes ont-elles des conséquences ?Incontestablement ! Il n'y a qu'à voir l'affolement sur les marchés depuis une dizaine de jours. Le CAC 40 a atteint son plus bas niveau depuis 2008. Il y a des baisses sur toutes les grandes places boursières européennes, américaines et asiatiques.Si une agence de notation baisse la note d'une entreprise, s'ensuivent aussitôt des répercutions boursières : les investisseurs revendent les actions. L'entreprise ainsi notée est encore plus affaiblie. Il en va de même pour un Etat : si la note est abaissée, les investisseurs risquent de fuir et de plonger le pays dans la crise.Enfin, beaucoup de personnes et particulièrement des politiques dénoncent le dictat de ces agences qui passent « leur temps à faire de la spéculation » et « imposer des politiques de rigueur » aux peuples. Les agences sont payées par ceux qu'elles notent, et leur fiabilité est remise en cause. Rappelons nous de la crise des subprimes et on connaît depuis le résultat : la crise financière de 2008 !A cette époque, les mêmes agences considéraient quelques temps avant que les subprimes, étaient sûrs. Pour les rendre plus fiables, certains spécialistes ont proposé de multiplier le nombre des agences. Les trois principales gèrent en effet plus de 80% du marché.Le journal Libération publie ce 12 août une enquête sur ces agences de notation, et le constat est accablant pour l'éditorialiste Nicolas Demorand :« recherches bâclées pour cause de sous-effectif chronique ; détermination des fameuses notes dans des réunions opaques, où le plus persuasif peut imposer ses vues ; modèle économique baroque�?� » plus loin il conclut : « Pourtant, les Etats pensent aujourd'hui leurs politiques dans le seul but de complaire à ces professionnels du flou...la question n'est plus de savoir comment autant de pouvoir a pu être concédé à autant d'amateurs, mais bien d'imaginer les moyens politiques de ne plus marcher sur la tête. »Patricia NTSAME