Barrage sur le Nil: "instabilité inimaginable" si on touche à l'eau de l'Egypte (Sissi)

Par AFP

AFRICA RADIO

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a averti mardi que la région entourant l'Egypte connaîtrait une "instabilité inimaginable" si le barrage construit par l'Ethiopie sur le Nil menaçait "une goutte d'eau" égyptienne.

"Personne ne peut se permettre de prendre une goutte d'eau de l'Egypte, sinon la région connaîtra une instabilité inimaginable", a déclaré le président lors d'une conférence de presse à Ismaïlia, interrogé sur ce grand barrage controversé."Personne ne doit s'imaginer qu'il est loin de la portée de l'Egypte", a ajouté M. Sissi en soulignant que la part des eaux du Nil revenant à l'Egypte était "une ligne rouge".Le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne (GERD), amené à devenir la plus grande installation hydroélectrique d'Afrique, est depuis son lancement en 2011 source de tensions entre le Soudan, l'Egypte et l'Ethiopie.L'Ethiopie affirme que l'énergie hydroélectrique produite par le barrage sera vitale pour répondre aux besoins énergétiques de ses 110 millions d'habitants. Mais l'Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, le considère comme une menace pour son approvisionnement en eau. De son côté, le Soudan craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l'Ethiopie procède au remplissage du GERD avant qu'un accord ne soit conclu. M. Sissi a toutefois précisé qu'il "ne menaçait pas" et que son pays n'avait "jamais menacé"."Mais notre réaction au cas où l'on porterait atteinte (à notre part des eaux du Nil, ndlr) affectera la stabilité de l'ensemble de la région", a-t-il martelé.L'Egypte et le Soudan ont exhorté l'Ethiopie à ne pas effectuer le remplissage avant la signature d'un accord.Le sujet a fait l'objet d'environ une décennie de discussions sans qu'aucun accord ne soit trouvé."Au cours des prochaines semaines, il y aura des négociations et j'espère que nous allons parvenir à un accord juridique contraignant", a encore dit M. Sissi.