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Egypte: nouvelle arrestation d'un cadre d'une ONG de défense des droits humains

18 novembre 2020 à 14h49 Par AFP
Les autorités égyptiennes ont arrêté mercredi un responsable d'une organisation locale de défense des droits humains pour le transporter vers "un lieu inconnu", selon l'ONG dont un autre cadre a déjà été arrêté dimanche. "Karim Ennarah, directeur de la justice criminelle à l'EIPR (Initiative égyptienne pour les droits personnels) a été arrêté alors qu'il se trouvait en vacances à Dahab dans le Sud-Sinaï", a tweeté l'organisation de défense des droits humains. "Il a été escorté par des policiers de la Sécurité nationale vers un lieu inconnu", a ajouté l'ONG égyptienne, sans évoquer les possibles accusations qui pourraient peser contre lui.Dimanche, l'organisation avait annoncé l'arrestation de Mohamed Bacheer, le responsable administratif de l'EIPR, accusé notamment d'avoir "rejoint un groupe terroriste" et de "diffuser de fausses informations".Selon l'EIPR, M. Bacheer avait été interrogé par le procureur de la Cour suprême de sûreté de l'Etat sur son travail, en particulier une visite en novembre à son bureau au Caire "par un nombre d'ambassadeurs et diplomates" pour discuter des droits humains.Il a été placé en détention provisoire durant 15 jours et sera interrogé à une date ultérieure. Selon la loi égyptienne, la détention provisoire peut durer jusqu'à deux ans.Début novembre, le ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri a affirmé dans une conférence de presse aux côtés de son homologue français Jean-Yves Le Drian, qu'il "n'y a pas de détention arbitraire, il y a des détentions en application de la loi". "L'Egypte est un Etat de droit", avait-il martelé.Aucun commentaire des autorités n'avait été publié ni sur M. Bacheer, ni sur M. Ennarah mercredi en fin d'après-midi.Selon des ONG, quelque 60.000 détenus en Egypte sont des prisonniers politiques. Depuis la destitution par l'armée en Egypte en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi et l'arrivée au pouvoir l'année suivante d'Abdel Fattah al-Sissi, une répression croissante s'est abattue sur toute forme d'opposition, islamiste ou libérale.