M. Eyeghe Ndong sur Africa N°1 :"Pour les mallettes, tout le monde était informé"

Par La rédaction

Les révélations de Robert Bourgi ont levé le voile sur un secret de polichinelle, que les observateurs assidus de la politique contemporaine et notamment des relations France-Afrique, avaient révélé déjà à plusieurs reprises. Si elles n'ont pas apportés des éléments nouveaux, elles ont néanmoins le mérite de délier les langues. Exemple avec l'interview de Jean Eyeghe Ndong, Ancien Premier ministre du Gabon, de 2006 à 2009, député et vice-président de l'Union nationale, le principal parti d'opposition gabonais.Interview réalisée dans le cadre du Grand Débat de Francis Laloupo , Mardi 27 Septembre 2011 : Francis Laloupo : Qu'est ce que vous pensez des récentes déclarations, des révélations même, de l'avocat Robert Bourgi, très connu dans les cercles du pouvoir à Libreville ?Jean Eyeghe Ndong : Je dirai tout simplement que monsieur Robert Bourgi, doit garder le silence. Après tout ce qu'il a fait, puisque lui-même dit qu'il a transporté des mallettes. Mais maintenant que ces déclarations sont faites, elles doivent servir à Monsieur Bourgi, aux Gabonais et aux Français à reconsidérer les rapports qu'il y a entre les deux pays, afin que ces rapports deviennent des rapports sains. Francis Laloupo : Il a clairement affirmé que feu Omar Bongo a financé des partis politiques comme le RPR ou le Front National. Vous étiez aux affaires à l'époque, avez-vous été informé de la circulation de ces mallettes ?Jean Eyeghe Ndong : J'ai été informé comme tout le monde a été informé de la circulation de ces mallettes. Je n'étais pas le confident de Bongo pour ce genre de choses, mais c'est vrai tout le monde le confirmait. Et ce n'est plus une révélation, mais je peux dire que ces valises ont bel et bien existé. Francis Laloupo : Vous confirmez donc les révélations de Robert Bourgi en ce qui concerne le Gabon ? Jean Eyeghe Ndong : Mais bien sur !