Mozambique: l'UE "inquiète" de la "détérioration" de la situation dans le nord

Par AFP

AFRICA RADIO

L'Union européenne a fait part mercredi de sa "grande inquiétude sur la détérioration" de la situation sécuritaire dans le nord du Mozambique, en proie à une insurrection islamiste.

Dans un communiqué, l'UE a aussi dénoncé la disparition, depuis le 7 avril, dans la région d'un journaliste, Ibraimo Abu Mbaruco, qui travaille pour la radio locale Radio Comunitária de Palma, et exhorté les autorités à respecter "les libertés fondamentales" de la population, dont la liberté de presse.Bruxelles a constaté "au cours des dernières semaines" une "augmentation significative des attaques, y compris l'occupation temporaire" de bâtiments administratifs dans trois villes, Mocímboa da Praia, Muidumbe et Quissanga, dans la province du Cabo Delgado (nord).Elle s'est également dite inquiète de la "détérioration de la situation humanitaire dans la province", notamment de "l'augmentation rapide du nombre de personnes déplacées".Elle a réclamé "une action efficace pour protéger les citoyens" et "des enquêtes afin que les responsables soient jugés", se disant de nouveau "prête à aider le Mozambique"."La réponse des autorités ne peut être efficace et satisfaisante que si elle garantit pleinement les droits humains et les libertés fondamentales de la population", a estimé l'UE.Un groupe jihadiste opère depuis octobre 2017 dans la province à majorité musulmane du Cabo Delgado, riche en importants gisements gaziers sous-marins. Il y a multiplié les opérations meurtrières contre les civils et les forces de sécurité.En deux ans et demi, les violences ont fait au moins 900 morts, selon un décompte de l'ONG Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled), et causé le déplacement de plus de 150.000 personnes, selon les autorités.Depuis quelques mois, la plupart des attaques ont été revendiquées par une branche régionale du groupe Etat islamique (EI). Les insurgés ont récemment annoncé vouloir imposer la loi islamique dans la région.Malgré les promesses du président mozambicain Filipe Nyusi, ni la police, ni l'armée, épaulées récemment par des entreprises de sécurité privées de la région, n'ont réussi à rétablir l'ordre.