Dépêches AFP

Niger: arrêt de la Cominak, filiale d'Orano, en mars 2021

23 octobre 2019 à 17h26 Par AFP
La Cominak (Compagnie Minière), une des deux filiales nigériennes du géant nucléaire français Orano (ex-Areva), a annoncé mercredi l'arrêt de sa production d'uranium dans deux ans, en raison de l'épuisement des réserves. Cette décision a été prise par le Conseil d'administration de la Cominak, qui a fixé au 31 mars 2021 la date d'arrêt de la production du site d'Akouta, selon un communiqué transmis à l'AFP. "L'épuisement des réserves ne permet plus la poursuite des opérations. Avec des coûts d'exploitation très élevés et une forte baisse des prix de l'uranium, la Cominak est déficitaire depuis 2017 malgré la mise en oeuvre de plans d'économies", souligne le communiqué. Cette fermeture était attendue: en mai, le ministre nigérien des Mines Hassane Barazé avait reconnu que cette mine souterraine, exploitée depuis 1978, "pourrait à terme fermer" indiquant que "les réserves s'épuisent et (sont) très chers à exploiter" dans un contexte de prix bas de l'uranium. Le prix spot de l'uranium "tourne autour de 35.000 FCFA à 36.000 FCFA (53,3 euros à 54,8 euros) "alors que les coûts de production de la Cominak tournent autour de 49.000 FCFA à 50.000 FCFA (74 euros à 76 euros)", avait-il souligné.La Cominak avait "clôturé l'exercice 2017 avec une perte nette de 16 milliards FCFA (24,3 millions d'euros)" et "d'au moins 17 milliards (25,9 millions d'euros)" pour 2018, selon le ministre. En juillet, le Pdg de Orano Philippe Knoche avait aussi reconnu les difficultés de sa filiale, tout en soulignant "la robustesse des activités" de son autre filiale "la Somair (Société des mines de l'Aïr, massif du nord) qui a pu trouver des ressources en uranium".Philippe Knoche avait également promis que le chantier de la mine géante d'Imouraren (nord nigérien) pourrait "démarrer dès que les conditions des marchés le permettent". Le gisement d'Imouraren devrait produire 5.000 tonnes d'uranium par an à plein régime pendant plus de 35 ans, mais le chantier entamé en 2009 avait été interrompu en 2015 en raison d'une baisse du prix de l'uranium.L'uranium nigérien représente un tiers de la production totale d'Orano qui exploite l'uranium depuis 50 ans dans le nord du Niger.pgf-bh/nas