Niger: internet rétabli après dix jours de coupure

Par AFP

AFRICA RADIO

Internet a été rétabli vendredi soir au Niger après dix jours de coupure à la suite des troubles qui ont éclaté à l'annonce de la victoire du candidat du pouvoir Mohamed Bazoum à la présidentielle du 21 février, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les autorités et les quatre compagnies de téléphonie du pays, dont une publique, n'avaient fourni aucune explication sur cette coupure d'internet qui a paralysé les communications et les transactions financières dans tout le pays, un des plus pauvres au monde.Quelques heures avant le rétablissement d'internet, Ali Idrissa, responsable du Réseau nigérien pour la transparence et l'analyse budgétaire (Rotab), avait déclaré à la presse que l'avocat du Rotab venait de déposer une "plainte" en justice contre cette coupure.L'Association des jeunes avocats du Niger (AJAN) a également annoncé avoir introduit une plainte similaire auprès du tribunal de commerce de Niamey.Dans la capitale, le retour du signal d'internet a été constaté peu après 23h30 locales (22h30 GMT). Une des compagnies de téléphonie a aussitôt envoyé des messages à ses clients indiquant que la la coupre était "indépendante de sa volonté".D'après leur syndicat, l'absence d'internet a fait subir aux trois compagnies privées de téléphonie des pertes quotidiennes de l'ordre de 80 millions de FCFA (plus de 120.000 euros).Les troubles qui ont suivi la proclamation des résultats de la présidentielle le 23 février ont fait deux morts, entraîné des pillages de commerces, des destructions d'infrastructures et de résidences privées, et ont conduit à l'interpellation de 468 personnes, selon le ministre de l'Intérieur Alkache Alhada.La victoire de M. Bazoum, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, avec 55,7% des voix, est contestée par l'opposant et ancien chef d'Etat Mahamane Ousmane.Celui-ci s'est proclamé vainqueur, revendiquant 50,3% des voix.Le gouvernement nigérien avait temporairement coupé les réseaux sociaux, dont Facebook et Twitter, ainsi que les SMS en 2015 pour contenir des émeutes anti-chrétiennes consécutives à la publication de caricatures du prophète de l'islam par le journal français Charlie Hebdo.Ces émeutes avaient fait dix morts à Niamey et des églises avaient été détruites dans plusieurs villes du pays.