"Plus que réaliste" d'annuler la dette africaine, dit le président sénégalais

Par AFP

AFRICA RADIO

Le président sénégalais Macky Sall a salué vendredi avec retenue la récente décision du G20 de suspendre la dette des pays les plus pauvres, parmi lesquels nombre d'Etats africains, mais a persisté à réclamer l'annulation, "plus que réaliste" selon lui, de cette dette.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 ont approuvé mercredi une suspension immédiate et pour un an de la dette des pays les plus pauvres pour les aider à faire face à la pandémie de nouveau coronavirus et à son impact économique dévastateur. Parmi les bénéficiaires figurent une quarantaine de pays africains."Je dois me réjouir de cet effort, que je dirais préliminaire, du G20", a dit le président sénégalais dans un entretien accordé à France 24 et Radio France Internationale, en rappelant qu'il avait lancé en mars un appel à l'annulation de la dette publique et au rééchelonnement de la dette privée de l'Afrique.Quand il a créé son plan de riposte au Covid-19, doté de 1.000 milliards de francs CFA (1,5 milliard d'euros) abondé par l'Etat et les dons, il a constaté que le paiement des intérêts de la dette sénégalaise correspondait à plus de la moitié du montant recherché, à environ 580 milliards de francs CFA."Le rééchelonnement, c'est une chose, oui on s'en réjouit, mais il fait aller au-delà, il faut être courageux, et j'appelle mes collègues chefs d'Etat du G20 à aller vers de véritables réformes parce que je suis convaincu qu'après le Covid, il faudra un nouvel ordre mondial, un nouvel ordre qui devra renforcer la résilience de tous les pays et de tous les Etats", a-t-il dit.L'endettement total de l'Afrique est estimé à 365 milliards de dollars, dont environ un tiers est dû à la seule Chine.Réclamer l'annulation de cette dette, "c'est plus que réaliste", a dit M. Sall, "365 milliards de dollars, c'est certes important, mais qu'est-ce que ça représente par rapport aux milliers de milliards de dollars qui font l'objet de transactions" quotidiennes.Ces "365 milliards, ce n'est pas à mon sens quelque chose qui est insurmontable pour des pays donateurs comme ceux du G20", a-t-il dit, tout en préconisant la mise en place de "mécanismes appropriés" en concertation avec l'Afrique en vue d'une annulation qui préserve les intérêts des pays prêteurs.