Soudan: manifestations pour dénoncer l'état d'urgence

7 mars 2019 à 13h11 par AFP

AFRICA RADIO

De nombreux Soudanais, dont beaucoup de femmes, ont de nouveau manifesté jeudi, dénonçant l'état d'urgence imposé par le président Omar el-Béchir dans ce pays confronté depuis plus de deux mois à un vaste mouvement de contestation.

L'état d'urgence a été imposé le 22 février, pour un an et dans tout le Soudan, par M. el-Béchir pour tenter d'enrayer les manifestations demandant sa démission.Ce mouvement de contestation a débuté le 19 décembre après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, en plein marasme économique.Le président Béchir, qui tient le pays d'une main de fer, est ainsi confronté au plus sérieux défi depuis son arrivée au pouvoir par un coup d'Etat fomenté en 1989.Il a interdit les manifestations non autorisées et ordonné la mise en place de tribunaux d'urgence pour juger toute personne ayant violé l'état d'urgence.Mais jeudi, les manifestants, menées par des femmes et scandant des slogans anti-Béchir, ont défilé à Khartoum et dans la ville voisine d'Omdourman, ont indiqué des témoins."Les femmes dirigent les manifestations aujourd'hui, mais les agents de la sécurité procèdent à de nombreuses arrestations parmi les manifestants", a indiqué un témoin à l'AFP.Les organisateurs avaient appelé à manifester jeudi en soutien aux femmes, à la veille de la Journée internationale de la Femme le 8 mars."Nous appelons notre peuple à manifester jeudi pour faire honneur à ces mères qui ont perdu leurs enfants dans notre lutte", a ainsi lancé l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC). Plus de 900 manifestants ont été déférés devant les tribunaux d'urgence la semaine dernière après des rassemblements similaires.Plusieurs d'entre eux ont été condamnés à des peines de deux semaines à cinq ans de prison.Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le 19 décembre. L'ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre de 51 morts, dont des enfants et des personnels médicaux.Depuis la mise en place de l'état d'urgence, les rassemblements sont devenus plus rares et semblent désormais avoir lieu surtout les jeudi. Peu de manifestations ont été rapportées hors de la capitale ces dernières semaines.