Un jeune Français accusé d'avoir voulu rallier le jihad, jugé au Sénégal

Par AFP

AFRICA RADIO

Le parquet de Dakar a requis mercredi devant une chambre criminelle spéciale cinq ans de prison contre un jeune Français arrêté au Sénégal et accusé d'avoir voulu rejoindre des jihadistes au combat.

Il s'agissait d'un procès rare dans un pays considéré comme un îlot de stabilité relativement épargné par les agissements jihadistes, mais préoccupé par la propagation en cours chez ses voisins sahéliens. Le président Macky Sall a déclaré en février que son pays et d'autres d'Afrique de l'Ouest devaient se préparer à affronter une poussée jihadiste vers l'Atlantique à partir du Sahel.Ce procès devant une chambre spéciale est le premier d'une série d'audiences qui doivent avoir lieu dans les prochaines semaines, dont celui de Maliens soupçonnés d'avoir été en contact avec les auteurs ou les organisateurs de l'attentat de Grand-Bassam, qui avait fait 19 morts, dont des ressortissants européens, en 2016 en Côte d'Ivoire.Mamadou Diaou a comparu pour sa part ce mercredi, accusé d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et d'apologie du terrorisme. Ce jeune de 22 ans né à Saint-Brieuc (ouest de la France) et détenteur de la double nationalité franco-malienne selon son avocat avait été arrêté en août 2016 à sa descente d'avion parce que signalé comme potentiellement dangereux par une base de données sécuritaire.Il est depuis en détention.Les services de sécurité avaient retrouvé sur son portable un message informant ses parents qu'il partait rejoindre les rangs jihadistes pour se battre. Ils y avaient aussi retrouvé des contenus violents.Il est accusé d'avoir été en contact avec un certain Ibrahima Ndiaye qui aurait proposé de le faire passer en Libye, en Syrie ou en Irak.Il a reconnu avoir participé sur une messagerie cryptée aux échanges d'un groupe au contenu violent, mais a invoqué la curiosité. Il a dit avoir gagné le Sénégal à l'invitation d'Ibrahima Ndiaye pour y faire du tourisme.Son avocat Me Gorgui Gueye a plaidé la relaxe en déclarant que "tout ce qu'il a dit, ce sont des conjectures, des constructions intellectuelles, qui ne sont étayées par aucun élément matériel". Le message d'adieux préparé pour sa famille, "il ne l'a jamais envoyé", a-t-il dit.Le procureur a réclamé cinq ans de prison et une amende d'un million de francs CFA (environ 1.500 euros) au titre de l'apologie, citant des questions de droit pour ne pas retenir l'association de malfaiteurs.Le verdict a été mis en délibéré au 29 avril.