Paris condamne les violences au Tchad contre des manifestants (Affaires étrangères)

AFRICA RADIO

20 octobre 2022 à 10h36 par AFP

Paris a "condamné" jeudi les violences opposant police et manifestants à N'Djamena, où des centaines de personnes sont réunies contre le maintien au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby Itno, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

"Des violences sont survenues ce matin au Tchad, avec notamment l'utilisation d'armes létales contre les manifestants, ce que la France condamne", souligne le Quai d'Orsay. Paris "ne joue aucun rôle dans ces événements, qui relèvent strictement de la politique intérieure du Tchad. Les fausses informations sur une prétendue implication de la France n'ont aucun fondement", ajoute le ministère. Des violences opposaient jeudi matin police et manifestants à N'Djamena où des centaines de personnes sont réunies à l'appel de l'opposition. La crise intervient après la prolongation pour deux ans de la "transition" qui devait s'achever ce jeudi 20 octobre. Mais fin septembre, Mahamat Idriss Déby Itno a finalement été maintenu président jusqu'à des élections démocratiques censées se tenir à l'issue d'une deuxième période de transition. Et auxquelles M. Déby pourra se présenter. Le 20 avril 2021, à l'annonce de la mort du maréchal Déby, tué par des rebelles en se rendant au front, l'armée avait proclamé son fils Mahamat Déby, général alors âgé de 37 ans, président de la République à la tête d'une junte de 15 généraux, pour une période de transition de 18 mois. Le nouvel homme fort avait conservé le soutien de Paris, pour qui le Tchad est un point important de sa présence en Afrique. La France avait ainsi été pointée du doigt pour y avoir accepté une transition non constitutionnelle, tout en condamnant dans le même temps un putsch au Mali voisin. La précision du Quai d'Orsay sur son absence de rôle dans les événements de N'Djamena renvoie aussi au sentiment anti-français qui se développe dans la région, alimenté notamment par des intérêts russes. Le Burkina Faso a connu il y a deux semaines son second coup d'Etat en neuf mois. Des intérêts de la France, dont l'ambassade et deux instituts français, avaient été pris à partie par des manifestants favorables aux putschistes. Paris avait dû se défendre d'accueillir l'ancien homme fort et de l'aider à reconquérir le pouvoir.