RDC: appel au respect des droits de deux journalistes détenus par les services des renseignements

AFRICA RADIO

18 juillet 2022 à 23h36 par AFP

Une organisation congolaise a appelé lundi au respect des droits de deux journalistes détenus depuis cinq jours par l'Agence nationale des renseignements (ANR) de la République démocratique du Congo qui a finalement libéré l'Américain mais détient toujours le Congolais.

Le journaliste congolais Joseph Kazadi et son confrère américain Stavros Nicholas Niarchos avaient été arrêtés mercredi à Lubumbashi (sud-est) puis transférés à Kinshasa par des agents de l'ANR qui les soupçonnent d'avoir eu des contacts non autorisés avec des groupes armés actifs dans cette région minière du sud-est de la RDC. "Le journaliste américain a été libéré cette nuit et il a pris un vol pour les Etats-Unis. Le journaliste congolais et d'autres personnes de nationalité congolaise sont toujours en détention à l'ANR", a déclaré à l'AFP Georges Kapiamba, président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ). "Je condamne l'attitude des responsables de l'ANR, car elle est discriminatoire" à l'égard des Congolais, a ajouté M. Kapiamba. La famille de Joseph Kazadi avait alerté l'ONG ACAJ sur la détention du journaliste à Kinshasa, à plus de 2.000 km de son lieu habituel de résidence, "sans droit de visite, ni d'être assisté d'un conseil de son choix", selon une lettre de l'ACAJ consultée par l'AFP. "Il en est de même pour monsieur Stavros Nicholas Niarchos, journaliste de nationalité américaine, ainsi que plusieurs autres personnes, non autrement identifiées, qui étaient avec lui", a écrit le défenseur des droits de l'Homme, ajoutant que son organisation était "profondément préoccupée" par ces conditions de détention. L'ACAJ "recommande vivement" à l'ANR de "respecter leurs droits de recevoir la visite des membres de famille, d'être assistés par des avocats de leurs choix, d'être libérés ou transférés devant l'autorité judiciaire compétente, étant donné que leur garde à vue a déjà expiré", a-t-il déploré. "Les autorités congolaises n'ont aucun intérêt à garder un journaliste américain", avait indiqué, la veille, à l'AFP un responsable gouvernemental, précisant que la consule américaine avait rendu visite au ressortissant américain et que ce dernier pourrait être libéré au plus tard mardi.