RDC: suspension de 12 contrats forestiers illégaux

AFRICA RADIO

26 avril 2022 à 15h21 par AFP

Le gouvernement congolais a suspendu 12 contrats forestiers épinglés par l'Inspection générale des finances (IGF) et des organisations de protection des forêts, comme ayant été octroyés en violation du moratoire en vigueur en République démocratique du Congo depuis 2002, a-t-on appris mardi de source officielle.

En octobre, avant la COP26 de Glasgow, le président Félix Tshisekedi avait déclaré avoir été saisi de "plusieurs plaintes d'irrégularités" dans l'octroi de concessions forestières et ordonné la suspension de tout contrat "douteux". Six mois après, 12 contrats de concessions forestières d'exploitation et de conservation se trouvant dans les provinces de Tshopo, Mongala, Mai-Ndombe et l'Équateur, pour une superficie de 1.966.630 hectares, sont "suspendus à titre conservatoire", a décidé Ève Bazaiba, ministre congolaise de l'Environnement. Selon cette décision ministérielle, datée du 5 avril, ces contrats étaient conclus entre la RDC, représentée par au moins quatre ministres qui s'étaient succédé au ministère de l'Environnement depuis 2014, et des sociétés de droit congolais, certaines à capitaux étrangers notamment chinois. Mais selon Serge Sabin Ngwato, chargé des campagnes Forêts chez Greenpeace Afrique, "la suspension de seulement 12 des dizaines de concessions forestières attribuées illégalement est aussi étrange qu'un dentiste enlevant une seule dent pourrie et en laissant d'autres mauvaises en place". "Les actions du ministre Bazaiba doivent être totalement transparentes et complètes afin de protéger la forêt tropicale des criminels environnementaux et de mettre fin à leur impunité", a estimé l'organisation. A plusieurs reprises, Greenpeace et des organisations locales de protection des forêts ont rappelé aux autorités leur engagement de transparence sur des contrats forestiers signés avec des tiers afin de bénéficier d'un financement de 500 millions de dollars dans le cadre de l'Initiative pour la forêt d'Afrique centrale (Cafi). Mme Bazaiba a, d'autre part, mis en place une commission "chargée de revisiter tous les contrats de concessions forestières d'exploitation et de conservation octroyées à ce jour par la République démocratique du Congo", sans précision sur la période concernée. En décembre 2021, elle avait suspendu six contrats considérés comme illégalement octroyés. La RDC abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après le Brésil, représentant un important réservoir de carbone et une biodiversité d'importance mondiale.