Report du dialogue national au Tchad: les rebelles refusent une "prolongation" de la transition

AFRICA RADIO

4 mai 2022 à 17h36 par AFP

Les rebelles qui discutent au Qatar avec les autorités tchadiennes pour aboutir à des négociations de paix ont salué le report du dialogue de réconciliation à N'Djamena, tout en refusant que cela serve de "prétexte à la prolongation" de la transition, selon un communiqué des groupes armés transmis mercredi à l'AFP.

N'Djamena a "donné son accord" dimanche au report de ce forum prévu initialement le 10 mai, sans donner de nouvelle date, qui doit déboucher sur une remise du pouvoir aux civils. Ce report a été décidé à la demande du Qatar, médiateur d'un "pré-dialogue" qui piétine depuis un mois et demi à Doha entre la junte et les innombrables groupes rebelles. "Les mouvements politico-militaires et alliés saluent l'initiative louable de l'État du Qatar" sur le report du dialogue, ont écrit dans un communiqué les groupes armés, tout en refusant que cela ne "serve de prétexte à la prolongation de la période de transition". Quelques jours après sa prise du pouvoir en avril 2021, la junte, dirigée par Mahamat Idriss Déby Itno, fils de l'ancien président Idriss Déby, avait annoncé que la période de transition de 18 mois pourrait être prorogée une fois. Paris, l'Union européenne et l'Union africaine avaient alors demandé que la transition n'excède pas 18 mois. Les groupes armés ont également exigé "l'implication de tous les acteurs politiques pour convenir d'une nouvelle date". Ce "pré-dialogue de Doha", ouvert à une cinquantaine de groupes armés, promis depuis de longs mois et initialement prévu le 27 février, avait été repoussé à la dernière minute au 13 mars. Il doit les amener à la table d'un "Dialogue national inclusif" avec les oppositions politiques et armées, censé déboucher sur une nouvelle Constitution et des élections "libres et démocratiques". Mahamat Idriss Déby Itno a été nommé à la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT) composé de 15 généraux, à la suite de l'annonce le 20 avril 2021 de la mort de son père, le Maréchal Idriss Déby, tué au front contre des rebelles, après avoir dirigé le pays d'une main de fer pendant 30 ans. Les généraux, Mahamat Déby en tête, avaient alors promis qu'ils ne se présenteraient pas aux futures élections. Le nouvel homme fort du Tchad avait une première fois rompu ses engagements en juin 2021 en envisageant une prolongation de la transition "si les Tchadiens ne sont pas capables de s'entendre" et remettant à "Dieu" son "destin" personnel lors des élections.