Trois hommes jugés en France pour avoir torturé à mort un Algérien en 2019

AFRICA RADIO

11 avril 2022 à 12h36 par AFP

Trois jeunes hommes comparaissent lundi à Lyon (centre de la France) devant une cour d'assises des mineurs pour avoir torturé et tué un Algérien de 28 ans, scène qui avait été filmée et diffusée sur Internet il y a trois ans.

"C'est un procès de barbares", a déclaré Jean-Baudouin Shibaba, avocat de la famille de la victime, lundi avant le début de l'audience à huis clos. Le corps d'Ahmed Kourak, marin-pêcheur qui avait fait une demande de régularisation en France, avait été découvert pieds et poings liés, mutilé d'une soixantaine de coups de couteau, début mars 2019 dans un appartement à Lyon. La macabre découverte était intervenue après qu'une connaissance de la victime eut signalé à la police une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et montrant l'homme en train d'être torturé par des jeunes gens, à visage découvert sur ces images. Les trois accusés, l'un âgé de 17 ans et deux de 18 ans au moment des faits, avaient été interpellés quelques jours plus tard en Espagne. Ils comparaissent pour "torture ou acte de barbarie en bande organisée" et "meurtre en bande organisée". Un vol de téléphone serait à l'origine du crime, selon Me Shibaba, qui n'exclut pas que ce motif ait été inventé a posteriori par les accusés. Pour Nour Kourak, nièce de la victime, ce procès est "très important" et "très dur" parce que "ça fait trois ans qu'on reste dans le flou", a-t-elle confié lors d'une suspension d'audience. C'est aussi "un soulagement" qui permettra "de savoir ce qui s'est réellement passé" car "pour nous, c'est inacceptable d'enlever la vie d'une personne pour un portable", a-t-elle martelé, persuadée que les accusés avaient "la volonté de tuer". Une deuxième victime, un homme de même nationalité et du même âge, apparaissait sur la vidéo, victime lui aussi de coups et blessures. Il était parvenu à échapper à ses bourreaux. Son avocate, Me Laïla Nemir, souligne qu'il a "besoin d'une réparation" passant par une condamnation des accusés, parce qu'ils "ont tué son ami", "il est traumatisé psychologiquement et très en colère", se sentant "presque coupable d'avoir survécu alors que son ami est décédé", n'ayant pu lui porter secours. Un quatrième homme, âgé de 15 ans à l'époque, soupçonné d'être l'auteur de la vidéo, sera jugé ultérieurement par le tribunal pour enfants. Les avocats des accusés, qui encourent la réclusion criminelle à perpétuité, n'ont pas souhaité s'exprimer. Le verdict est attendu vendredi.